LONDRES (AFP - 11 octobre 2004) - L'augmentation de la présence du dioxyde de carbone dans l'atmosphère s'est accélérée de manière très inquiétante entre 2001 et 2003, selon des chiffres révélés lundi par la presse britannique à la veille d'une conférence annuelle de Greenpeace à Londres.
Selon les chiffres publiés par le "Guardian" et "The Independent", c'est la première fois que la quantité de dioxyde de carbone (le principal gaz à effet de serre) dans l'atmosphère a augmenté de plus de 2 particules par million de particules (ppm) par an et ce pendant deux années consécutives.
Entre 2001 et 2002, le nombre de particules de dioxyde de carbone par millions de particules est passé de 371,02 à 373,10 (une hausse de 2,08 ppm sur l'année). Puis il a encore progressé à 375,64 en 2003, soit une hausse annuelle de 2,54 ppm.
Ces données sont enregistrées au sommet du mont Mauna Loa à Hawaï depuis 1958 par les services de Charles Keeling, un chercheur américain.
Selon ce chercheur, seules quatre années jusque là (1973, 1988, 1994 et 1998) avaient connu des hausses de la concentration de dioxyde de carbone de plus de 2 ppm, et à chaque fois il s'agissait d'années marquées par le phénomène El Niño.
"L'augmentation du nombre de particules de dioxyde de carbone dans l'atmosphère de plus de 2 ppm pour deux années consécutives est un phénomène nouveau", a estimé Charles Keeling, cité par les deux quotidiens britanniques.
Le plus inquiétant pour le chercheur américain, 74 ans aujourd'hui, est qu'aucune de ces deux années n'étaient des années El Nino et qu'aucune donnée ne permet d'expliquer cette hausse.
Selon Charles Keeling, l'une des explications à ce phénomène pourrait être un affaiblissement de la capacité de la terre à absorber le dioxyde de carbone en excès, "un affaiblissement des éviers à dioxyde de carbone (NDLR: les océans et les forêts) associé au réchauffement de la planète et résultant d'une réaction au changement climatique".
Selon le Guardian, ces chiffres seront discutés mardi lors du Congrès annuel de Greenpeace, et ce en présence du conseiller scientifique du Premier ministre britannique Tony Blair, David King.
Source : AFP - Yahoo ! France - Actualités - lundi 11 octobre 2004, 8h39
SYDNEY (AFP - 29 mars 2004) - Des chercheurs australiens ont fait état lundi d'une augmentation alarmante des émissions de gaz à effet de serre au cours des deux dernières années, dont l'origine est presque totalement imputable à la consommation de combustibles fossiles
Le CSIRO, agence de recherche scientifique du gouvernement australien, a estimé que 18,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre considéré comme responsable du réchauffement mondial, avaient été rejetées dans l'atmosphère en 2002 et 17,1 milliards de tonnes l'an dernier.
Au cours des dix dernières années, la moyenne annuelle est de 13,3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone rejetées dans l'atmosphère, avec un pic à 23 milliards en 1998, en raison notamment d'immenses feu de forêts en Indonésie, a indiqué le CSIRO.
Le responsable de ces travaux, Paul Fraser, s'est dit alarmé de cette nouvelle escalade des rejets de CO2 "en dépit des efforts au niveau mondial pour tenter de réduire ces émissions de gaz".
"Ces résultats sont inquiétants parce que le dioxyde de carbone est le principal responsable des changements climatiques", a-t-il indiqué dans un communiqué.
"Je suis assez surpris que les niveaux soient si élevés sans l'apport d'émissions dues aux feux de forêts", a-t-il indiqué, précisant que la consommation de combustibles, comme le gaz, le charbon ou le pétrole étaient en cause.
Les données du CSIRO viennent conforter des résultats similaires d'un organisme scientifique américain, qui a annoncé la semaine dernière des pics saisonniers d'émisisons de dioxyde de carbone relevés l'an dernier à Hawaï.
Le gouvernement australien fait l'objet de critiques des organisations écologiques en raison de son refus, à l'instar des Etats-Unis, de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.