Surprise supplémentaire, on découvre que cette photo avait déjà près d'un an (18 avril 2004). Il aura donc fallu un an d'effort pour pouvoir approcher ces gens là !
Mais restons constructif, il en est de l'écologie comme du reste de la vie : on peut toujours y voir du positif ou du négatif. Afin d'être sans doute au plus proche de la vérité, choisissons d'y voir les deux.
Le Kilimandjaro a vu sa surface de glace diminuer de plus de 80% en un siècle. Mais c'est surtout l'accélération du phénomène qu'il faut retenir. Par exemple, dans les Alpes, par rapport à la période 1850-1973, les glaciers ont fondu trois fois plus vite entre 1973 et 2000, mais sept fois plus rapidement si l'on se réfère à la période de 1985 à 2000. En résumé, ces quinze dernières années, la glace a fondu sept fois plus vite en neuf fois moins de temps.
Tous ceux, comme Ben Saunders, qui vivent au contact des glaciers et des pôles, ont été les premiers à constater le réchauffement de la planète, alors que dans les cités climatisées, on discutait encore à mettre en place des études sur un éventuel réchauffement ! On est même allé en faire une pour étudier une éventuelle corrélation entre le réchauffement de la planète et la fonte des glaciers. C'est comme si vous mettiez un glaçon au soleil et que vous demandiez à un spécialiste (payé) de chercher s'il y a un lien entre la fonte de votre glaçon et la chaleur du soleil ! Voyons !
Reprenons notre sérieux. Qu'il s'agisse des glaciers de la Cordillères des Andes, des Alpes ou de l'Himalaya, pas un massif montagneux sur le globe n'est épargné. Bien sûr c'est la même chose aux pôles. En Allemagne (Zugspitze 2 963 m) et en Suisse, on en est même à recouvrir une partie des glaciers pour éviter la fonte !
Après un bilan plutôt négatif des grands rendez-vous politiques environnementaux de 2004 (Sommet sur le climat de Buenos Aires et l'ACIA) où les minorités peuplant l'Arctique et les îles du Pacifique ont été spoliées au profit des intérêts économiques, il semble que 2005 démarre sous de meilleurs auspices.
Voici quelques extraits de comptes rendus des dernières réunions planétaires sur le sujet :
Le chef du PNUE, Klaus Toepfer déclare le 21 février dernier à Nairobi : « L'environnement n'est pas un luxe. (...) La nature est une police d'assurance importante sur le plan économique que nous ignorons à notre péril ».
Le président kenyan Mwai Kibaki a déclaré de son côté à la cérémonie d'ouverture : « La protection de l'environnement n'est plus une question de choix. La survie de l'humanité dépend des décisions et des actions que nous adoptons aujourd'hui ».
Le ministre britannique de l'Economie, Gordon Brown, a appelé tous les pays riches à agir contre le réchauffement climatique, à l'occasion d'une réunion informelle organisée avant le G8 Environnement (15 mars 2005). « L'Union européenne représente 15% des émissions (mondiales) de dioxyde de carbone, le G8 dans son ensemble, la moitié. Donc la seule action des pays les plus riches peut faire une grande différence », a-t-il dit.
« Il y a une bombe à retardement écologique devant nous », a dit Stephen Byers, ancien ministre des Transports et proche de Tony Blair, qui a co-présidé le groupe chargé de rédiger un rapport destiné aux dirigeants du monde entier "Relever le défi du climat" (rapport complet en anglais ici). Ce rapport a été rendu public à Londres en janvier 2005 et conclut que le point de non-retour pourrait bien être atteint avant dix ans.
« Nous devons être prêts à prendre des mesures décisives face aux changements climatiques », a confirmé M. Annan lors de la réunion du 13 janvier 2005 à Port-Louis. «Qui oserait affirmer que ce que nous faisons suffit ? », a-t-il demandé, appelant la communauté internationale «à prendre des mesures décisives face aux changements climatiques ».
Jacques Chirac à la conférence internationale "Biodiversité: science et gouvernance" en janvier dernier : « Sur tous les continents et dans tous les océans s'allument des signaux d'alerte. Nous ne pouvons plus ignorer les preuves de l'érosion souvent irrémédiables du vivant ». Devant un millier de scientifiques, responsables gouvernementaux et représentants d'ONG d'une centaine de pays, Jacques Chirac a insisté sur la « responsabilité sans précédent » de l'humanité face à la dégradation de la biodiversité. « Nous sommes sans doute les dernières générations à avoir encore la capacité d'arrêter la destruction du vivant avant qu'un seuil irréversible n'ait été franchi, au delà duquel l'avenir même de l'humanité sur terre pourrait être compromis ».
Tout ceci n'est ni rassurant ni inquiétant, mais si une partie des acteurs politiques et environnementaux de ce monde accélèrent le rythme de leurs rencontres en vue de décisions majeures, il me semble que le simple citoyen devrait se sentir concerné.
Oserai-je encore parler d'urgence tant l'urgence est urgente depuis longtemps ? On peut simplement se dire que pour faire bouger tout ces gens en même temps et ce malgré les impératifs économiques, la situation doit être devenue effectivement préoccupante.
Nous pensons aussi qu'il est grand temps que chaque citoyen agisse dans ses actes quotidiens. Cela suffit de toujours reprocher aux politiciens la situation actuelle. Certes, jusqu'à présent, la plupart n'ont pas pris de décision servant les intérêts de l'humanité, mais il y a un temps pour tout et aujourd'hui, il n'est pas aux querelles. Trop de temps a déjà été perdu en discussions inutiles. Sommes-nous donc des gamins dans une cours de récréation :c'est pas moi, c'est lui !
Chacun de nous pollue et gaspille en quantité phénoménale. Quant aux entreprises, c'est nous qui leur avons donné du pouvoir. Si telle entreprise pollue, c'est notre faute, et seulement la nôtre. Notre surconsommation de tout en est la seule raison. N'achetons plus aux pollueurs et à ceux qui bafouent tous les jours notre santé. Ils auront tôt fait de changer de veste et de se battre pour faire le meilleur produit bio qu'il soit.
Quelle que soit la situation de la planète aujourdhui, il vaut mieux agir aujourd'hui que demain car chaque jour qui passe est une journée perdue et nous rapproche un peu plus du point de non-retour. Nous avons le pouvoir de le faire, nous devons le faire.