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Mise à jour : 26 juillet 2005
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Grippe aviaire: danger
(L'Actualité - 2005-07-02)
par François Guérard

Pour détruire le virus de la grippe aviaire, il faudrait tuer tous les poulets d'Asie! «C'est irréaliste», admet Yi GUAN, le microbiologiste qui a élucidé le mystère du SRAS. Mais peut-on au moins limiter sa propagation ?

Si le monde n'a pas connu un retour du SRAS en 2004, c'est peut-être grâce à Yi Guan. Il a démontré que les civettes, sorte de chats sauvages considérés comme un mets raffiné dans le sud de la Chine, avaient transmis le virus à l'homme. Depuis que les civettes ont été éliminées des marchés de la région, le SRAS semble maîtrisé.

Le chercheur de l'Université de Hongkong mène aujourd'hui une autre bataille, celle de la grippe aviaire. L'épidémie, qui sévit en Asie du Sud-Est depuis deux ans, a le potentiel, selon lui, de faire revivre au monde le cauchemar de la grippe espagnole de 1918. Ce n'est pas rien: celle-ci aurait fait 40 millions de morts en moins d'un an ã la Première Guerre mondiale, elle, en avait fait 8 millions !

Le virus de la grippe aviaire, le H5N1, a tué au moins 125 millions de poulets en Asie du Sud-Est (Chine, Viêt Nam, Laos, Cambodge et Thaïlande) depuis 2003. Et il a déjà montré sa capacité d'infecter l'être humain: depuis décembre dernier, 41 cas d'infection humaine ont été signalés au Viêt Nam, le pays le plus touché. Seize personnes sont mortes. La bonne nouvelle est que le virus ne se transmet pas d'un être humain à un autre. La mauvaise est que cela va arriver. Un jour ou l'autre. En mai dernier, un rapport de l'Organisation mondiale de la santé soulignait que le virus était en train de changer et qu'il pourrait bientôt se propager plus facilement d'homme à homme. Le H5N1 est génétiquement instable, et une seule cellule infectée à la fois par le H5N1 et un virus de grippe humaine pourrait devenir l'incubateur d'un nouveau virus. Un microbe contre lequel personne n'aurait d'anticorps, et qui serait aussi contagieux que la grippeä Et si le SRAS a épargné les enfants, tuant surtout des adultes qui avaient déjà des problèmes de santé, ce n'est pas le cas du H5N1: il a tué l'an dernier des enfants et de jeunes adultes qui étaient en bonne santé avant d'être infectés. Une pandémie de grippe humaine, née du H5N1, n'épargnerait aucun groupe d'âge. Selon les experts, elle pourrait faire jusqu'à 60 000 victimes au Canada.

Chaque semaine, le Dr Yi visite des marchés d'animaux et des villages ruraux du sud de la Chine pour y recueillir des ¦ufs et des échantillons d'excréments de volaille. Ceux-ci sont analysés dans un laboratoire dernier cri, le Centre commun de recherche sur la grippe, à l'Université de Shantou, dans le Guangdong. Yi Guan y dirige une équipe de 30 chercheurs, qui suivent l'évolution du H5N1. «C'est un travail d'enquête quotidien. Nous avons trop à perdre si une pandémie se déclare, il ne faut pas relâcher la vigilance», dit-il. L'actualité l'a rencontré dans son laboratoire de Shantou.

Vous dites que la grippe aviaire est devenue endémique en Asie du Sud-Est. Comment expliquer cela ?

L'épidémie de grippe aviaire dans la région n'est pas passagère, elle est là pour de bon. Nous avons découvert que les canards sont des porteurs «silencieux» du virus H5N1, c'est-à-dire qu'ils ne présentent pas de symptôme et ne contractent pas la maladie. À partir de cette niche sécuritaire, le virus peut coloniser d'autres espèces. Les canards sauvages, qui migrent sur de longues distances, lui permettent de s'étendre géographiquement. Les canards domestiques sont élevés partout en Asie et ils contaminent les poulets. De temps à autre, le virus traverse la barrière des espèces et infecte un porc ou un humain. C'est inquiétant. Au cours des deux dernières années, plus de 100 personnes ont été infectées par le H5N1 dans cette partie du monde. Et ce sont les cas confirmés, ceux qui nous ont été signalés. Il y en a beaucoup plus.

Peut-on combattre le virus ?

Il faudrait tuer tous les poulets en Asie. C'est irréaliste. Au Viêt Nam, en Chine, en Thaïlande, ils ne sont pas élevés dans de grands poulaillers industriels, mais derrière les maisons, avec les canards et les porcs. Les poulets vendus au marché local représentent souvent le seul revenu d'une famille rurale. Un abattage massif provoquerait une catastrophe économique, que les gouvernements de la région ne sont pas prêts à assumer.

Quels sont les risques que le H5N1 devienne transmissible d'homme à homme ?

Dieu seul le sait. Il nous manque encore beaucoup de connaissances à ce sujet. Ce que nous savons, c'est que le virus comporte huit gènes, qui sont très instables et qui peuvent faire des échanges en présence d'un autre virus. Pour expliquer le phénomène, j'utilise l'exemple du mariage. Lorsqu'un couple marié en rencontre un autre dans une soirée, il peut y avoir un flirt, peut-être même une aventure et, dans de rares occasions, un nouveau couple peut se former. Un mariage à deux est déjà compliqué, imaginez un mariage à huit! L'un des couples de virus nouvellement formés pourrait être très bien adapté à l'homme, assez pour devenir contagieux et déclencher une pandémie. Ces rencontres de couples ne se produisent que rarement, mais la possibilité existera tant que les hommes vivront à proximité des poulets.

Cela veut-il dire qu'une pandémie de grippe humaine est inévitable ?

On peut le croire. Au siècle dernier, nous avons vécu trois pandémies de grippe, qui provenaient toutes les trois de différentes souches de la grippe aviaire: la grippe espagnole de 1918, la pire pandémie de l'histoire, qui a fait 40 millions de morts; la grippe asiatique de 1957, qui en a fait plus de 2 millions; la grippe de Hongkong de 1968, qui a tué environ 1 million de personnes. L'expérience nous montre que nous avons une nouvelle pandémie de grippe tous les 30 ans environ. Depuis la dernière, 37 années se sont écouléesä Le virus attend les conditions nécessaires pour se répandre chez l'homme. Quelles sont ces conditions et quand seront-elles réunies? Nous ne le savons pas. Ce que nous savons, c'est que la transmission du virus du poulet à l'homme est de plus en plus fréquente.

L'Organisation mondiale de la santé prédit que, dans le meilleur des cas, une pandémie ferait de 2 à 7,4 millions de morts. Les pandémies de 1957 et de 1968 ont fait ensemble 3 millions de morts. Pourquoi celle-ci serait-elle plus meurtrière ?

Les deux dernières pandémies reposaient sur des virus aviaires faiblement pathogènes. Les souches H1 et H3 ne tuaient pas beaucoup d'oiseaux. Mais la souche qui nous inquiète actuellement, la H5, peut terrasser un oiseau en 24 heures, s'il n'est pas vacciné. Chez l'homme, qui n'a pas formé d'anticorps contre la souche H5, le taux de mortalité s'élève à plus de 60%; c'est énorme. On appelle «grippe» la maladie causée par ce virus, mais ce n'est pas une grippe typique, telle que nous l'imaginons. Elle peut causer de fortes diarrhées, une pneumonie, une infection cérébrale. Et nous l'avons vu avec le SRAS, il ne faut pas plus de deux jours à un nouveau virus pour faire le tour de la planète.

(L'Actualité du 2 juillet 2005)


20/12/2004 - L'OMS met en garde contre une possible pandémie de grippe aviaire, avec l'Asie pour épicentre

SINGAPOUR (AP) - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé lundi à Singapour un nouvel avertissement: le monde se rapproche d'une pandémie résultant d'une combinaison des grippes aviaires et humaines, dont l'Asie serait le probable épicentre.

Une pandémie est une épidémie qui atteint un grand nombre de personnes, dans une zone géographique très étendue. "Nous nous en rapprochons, mais je ne sais pas quand cela se produira", déclare François-Xavier Meslin, coordinateur pour l'OMS pour le contrôle, la prévention et l'éradication des maladies.

"Si cela se produit, ce qui n'est pas encore prouvé, cela sera pire que le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère)", a-t-il souligné. En effet, "un virus grippal en pleine maturité on peut le transmettre facilement autour de soi, dans sa famille ou au travail". La maladie serait alors "hautement contagieuse comparée au SRAS".

Le syndrome respiratoire aigu sévère a fait 774 morts et contaminé près de 8.000 autres personnes en 2003, essentiellement en Asie, où la maladie a également entraîné d'importantes pertes économiques pour l'ensemble de la région.

Le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a décimé la production avicole en Asie, a également touché des humains, faisant 32 morts en Thaïlande et au Vietnam, pour la plupart des personnes en contact avec des volailles infectées. Il n'y a cependant aucune preuve que le virus ait muté, acquérant des caractéristiques génétiques lui permettant de franchir la barrière des espèces et de se transmettre à l'homme.

Si cela se produisait effectivement, le résultat serait une pandémie qui pourrait faire jusqu'à sept millions de morts, a averti l'OMS.

L'agence onusienne redoute notamment une combinaison entre la grippe aviaire et un virus porcin, avec à la clé de possibles mutations, le porc étant un animal proche de l'homme sur le plan génétique.

En Asie, note François-Xavier Meslin, les méthodes agricoles traditionnelles mettent beaucoup au contact hommes et animaux. "Par exemple, en Chine, la volaille et les porcins sont ensemble. Le mélange des deux pourrait être la cause probable" d'une pandémie, poursuit-il, mais on craint aujourd'hui que les humains servent de porteurs.

Les épidémies de grippe mortelles sont venues par le passé d'Asie, constate Hans Wagner de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. "L'Asie est une région à très forte densité de volailles et humaine. L'Asie a toujours été un centre grippal, et tous ces facteurs vont ensemble".

François-Xavier Meslin et Hans Wagner s'exprimaient lors d'une réunion à Singapour de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (ASEAN) consacrée à la grippe aviaire, en présence de responsables venus de Japon, Chine, et Corée du Sud. L'ASEAN comprend la Malaisie, Singapour, l'Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam, Bruneï, le Cambodge, le Laos et la Birmanie. AP

Dépêche de l'AP du lundi 20 décembre 2004, 14h55 - Yahoo ! France - Actualités


28/11/2004 - Grippe aviaire: la Thaïlande confirme un décès qui serait dû une transmission humaine

BANGKOK (AP) - La Thaïlande était confrontée mardi au spectre de la transmission humaine de la grippe aviaire après la confirmation du décès d'une femme qui pourrait avoir contracté le virus par sa fille, elle-même décédée récemment.

Pranee Thongchan, 26 ans, est devenue la dixième mort confirmée due à la maladie en Thaïlande. Des tests effectués sur une partie d'un poumon ont révélé qu'elle portait le virus mortel H5N1, a indiqué Charal Trinwthipong, le directeur général du Service de contrôle des maladies à Bangkok.

Pranee Thongchan est morte le 20 septembre dans un hôpital, huit jours après le décès de Sakuntala, sa fille âgée de 11 ans.

"Nous sommes tous tombés d'accord pour dire que la contamination s'était probablement faite par contact étroit et prolongé entre deux personnes", a déclaré à l'agence Associated Press (AP) le Dr Kumara Rai, représentant en Thaïlande de l'Organisation mondiale de la santé. Quelques heures plus tard, on se montrait toutefois beaucoup plus prudent au siège de l'organisation à Genève en mettant en garde contre toute conclusion définitive.

Jusqu'à présent, les contaminations ne s'étaient produites que de l'animal à l'homme. Ce que les spécialistes de la santé redoutent avant tout, c'est une mutation du virus en une forme très contagieuse et très meurtrière, comme cela s'est déjà produit à trois reprises au cours du vingtième siècle lors des grandes épidémies de grippe. Même si rien ne permet d'affirmer aujourd'hui qu'un tel fléau puisse avoir lieu, beaucoup de scientifiques l'appréhendent.

"Ces maladies qui se transmettent d'individu à individu peuvent rapidement devenir des problèmes qui touchent le monde entier. Nous devons tous savoir répondre à ce genre de situation", a déclaré le Dr Julie Gerberding, directrice des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies d'Atlanta (CDC).

Cette année, 39 cas humains de grippe aviaire ont été signalés au Vietnam et en Thaïlande. Au total, 28 personnes sont mortes de la souche H5N1 du virus, à l'origine de la destruction des fermes de volailles, tuant ou obligeant à l'abattage de 100 millions d'oiseaux dans toute l'Asie.

Jugée par les scientifiques plus dangereuse que l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a tué 800 personnes et en a rendu malades 8.000 autres dans le monde en 2003, l'épidémie de grippe aviaire est "à forte probabilité", estime le Dr Shigeru Omi, membre de l'OMS. Selon lui, un tel virus mutant pourrait tuer dans 70% des cas.

La plus grande crainte réside en effet dans la faculté qu'a le virus à se métamorphoser, pour prendre une forme plus virulente chez l'homme. Une crainte qui résulte du fait que les porcs peuvent être contaminés tant par le virus humain que par le virus aviaire de la grippe. Les deux, se combinant via le porc, entraîneraient une mutation mortelle pour l'homme.

C'est la Chine qui a récemment renforcé de telles craintes en annonçant que ses porcs étaient positifs au virus H5N1, sans que l'on sache s'ils étaient vraiment infectés ou s'ils présentaient simplement des traces sur la peau ou le groin.

"Nous savons que si une épidémie se déclarait, nous n'aurions pas de vaccin, du moins au début, pour protéger la population mondiale, pas plus que le traitement antiviral nécessaire", explique encore Julie Gerberding du CDC. AP

Dépêche de l'AP du mardi 28 septembre 2004, 17h28 - Yahoo ! France - Actualités


6 Avril 2004 - Grippe aviaire. Ce n'est pas fini...

Non seulement ce n'est pas terminé en Asie (deux nouveaux foyers en Thaïlande), mais cela s'étend au Canada où 18 fermes sont touchées et 19 millions de poulets sont partis à l'abattage. On souligne même un second cas humain en Colombie-Britannique.

Je ne développerai pas la nouvelle. La seule chose qu'il m'intéresse de souligner aujourd'hui, c'est l'article paru début février 2004 sur la totale impossibilité que le Canada soit touché par la grippe aviaire. Un bel article paru sur Radio-Canada pour nous rassurer. Au Canada, peut-on manger de la volaille sans danger ?

Extraits :«La consommation de volaille au Canada ne pose aucun danger. Il faut en effet savoir que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a émis des restrictions d'importation sur la volaille et les produits avicoles non transformés en provenance de tous les pays touchés par la maladie.»
« Le virus de la grippe aviaire ne se développe que dans les populations avicoles sauvages où les élevages ne répondent pas à de strictes normes sanitaires et vétérinaires. »

Le virus a été découvert dans l'Ouest canadien le 19 février et un mois et demi plus tard, on abattait 19 millions de volailles !!!

L'épidémie de grippe aviaire, qui a fait 24 morts humaines en Asie, est sans doute bien plus grave qu'il n'y paraît. Tout comme l'ESB et la nvMCJ, le sida chez l'homme et bien d'autres maladies, elle révèle surtout l'ignorance des scientifiques, l'incompétence des responsables de l'agro-alimentaire et les mensonges permanents des politiciens.

Que dire des 100 millions de volailles abattues en Asie dans des conditions d'hygiène douteuses, sans parler des méthodes utilisées indignes de l'homme. Difficile de croire qu'après ce «travail» fait dans l'urgence, les centaines de milliers de mètre cubes de cadavres ne contiennent plus de virus. Que va-t-il se passer quand il pleuvra sur les fosses remplies à la hâte de poulets encore vivants ? Les nappes phréatiques d'Asie sont tellement polluées qu'elles n'ont pas besoin de cela en plus. Et cette eau qu'ils boiront ou qui irriguera les rizières ?

Il est donc urgent de comprendre qu'on ne peut faire confiance aveuglément à ce que l'on met dans nos assiettes. Notre santé est de plus en plus gravement en danger si nous n'effectuons pas un virage à 180°, direction agriculture biologique «certifié» respectueuse des hommes et de l'environnement.

L.R.


30 janvier 2004

Les premières dépêches sur la grippe aviaire datent du 13 janvier. Moins d'une semaine plus tard, HarmonieTerre en parlait déjà sur ce site encore en construction. Il aura fallu une semaine de plus aux télévisions du Québec pour commencer à en parler !

Le 22 janvier, nous diffusions un article où l'on découvrait que l'épidémie aurait démarré en novembre 2003. Aujourd'hui, on commence même à parler d'avril 2003 !

Une épidémie a eu lieu au printemps 2003 en Belgique et en Hollande. Le problème actuel, c'est que l'OMS parle de risques de mutation du virus et d'une possible épidémie humaine. Etant donné que l'on nous prévient toujours quand il est trop tard, on est en mesure de s'inquiéter si l'on nous prévient !

On a beau essayer de croire que tous ces animaux malades ne nous transmettent pas leurs maladies (c'est difficile !), manger de la viande malade n'est certainement pas la meilleure façon de s'alimenter. Non seulement il est impossible de faire confiance aux communiqués, car c'est toujours l'intérêt économique qui prévaut, mais jamais le principe de précaution n'est prioritaire, jamais le risque sanitaire n'est pris en compte, jamais la qualité n'est au centre des débats, jamais le système de contrôle n'est mis en doute, jamais ce n'est la faute à qui que ce soit.

Il ne reste que ces options : manger de la viande bio, devenir végétarien ou végétalien.

L.R.


28 janvier 2004

L'OMS redoute une épidémie humaine majeure
Budi Hartadi (AFP - mercredi, 28 janvier 2004, 11h54)

L'épidémie de grippe aviaire sans précédent qui se répand en Asie inquiète les spécialistes, qui redoutent qu'elle ne se transforme en épidémie humaine à grande échelle à l'instar de la grippe espagnole qui fit plusieurs dizaines de millions de morts au début du XXe siècle.


22 janvier 2004

Premier cas de grippe aviaire (la grippe du poulet) chez l'homme en Thaïlande, selon un sénateur

BANGKOK (AFP) - Un premier cas de grippe aviaire a été confirmé chez l'homme en Thaïlande, a annoncé jeudi un sénateur, tandis que le gouvernement, accusé de dissimulation, concédait seulement que trois personnes présentant des symptômes subissaient des examens et qu'une quatrième était hospitalisée.

Une confirmation officielle, lorsque les résultats des tests seront connus vendredi, de l'apparition du virus de la grippe du poulet en Thaïlande serait très embarrassante pour le gouvernement qui n'a cessé d'affirmer que cette maladie ne touchait pas les volailles du pays où des élevages entiers ont été décimés par «une épidémie de choléra et de bronchite».

Le cas dans la province de Suphan Buri (centre) est positif, cela est certain», a déclaré Nirun Phitakwatchara, sénateur d'une autre province et président de la commission sénatoriale du Développement social et de la Sécurité humaine.

Il s'agit d'un petit garçon de sept ans dont l'état a été jugé «grave» et qui réside dans l'une des cinq provinces centrales où près de six millions de poulets sont morts depuis trois mois, selon des chiffres actualisés jeudi.

Le sénateur a accusé le gouvernement du premier ministre Thaksin Shinawatra d'avoir dissimulé la réalité afin de protéger sa très rentable industrie du poulet.

«Tous les experts se sont tus en raison des ingérences politiques», a-t-il affirmé à l'AFP. «En fait, ils ont compris que l'épidémie (de grippe aviaire) s'est déclarée en novembre dernier.»

M. Thaksin a démenti toute dissimulation : «Le gouvernement ne cache rien, mais les premiers tests n'ont détecté aucune trace de virus. Si c'était le cas, le gouvernement le dirait», a-t-il dit.

Le premier client du poulet thaïlandais, le Japon, a néanmoins immédiatement suspendu ses importations à titre de précaution.

A Bruxelles, un porte-parole du commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler, a déclaré que si Bangkok confirmait des cas de grippe aviaire, «il est bien évident que la Commission prendra des actions immédiates».

M. Thaksin, qui mardi mordait à belles dents dans une cuisse de poulet pour les photographes de presse, s'est montré moins sûr de lui jeudi.

«Si les résultats prouvent que c'est la grippe aviaire, le public ne devrait pas paniquer parce qu'il n'y a pas de transmission entre humains comme avec le SRAS», a-t-il dit en référence à la pneumopathie qui a balayé l'Asie l'an dernier.

Le ministre de la Santé, Mme Sudarat Keyuraphan, avait admis mercredi que trois personnes présentant les symptômes de la maladie subissaient des examens dans les provinces du centre du pays : le petit garçon et deux adultes, dont un employé d'abattoir. Le frère de l'enfant a lui aussi été hospitalisé souffrant de symptômes similaires jeudi soir.

Le vice-ministre de l'agriculture Newin Chidchob, qui se rendait jeudi dans la province de Suphan Buri pour assister à l'abattage en masse de nouveaux poulets, a déclaré lui aussi ne disposer d'aucun test confirmant un cas de grippe aviaire.

Le sénateur Nirun a expliqué que les trois personnes malades «sont dans un groupe à risque parce qu'elles ont les symptômes d'une pneumonie sévère, ont eu des contacts directs avec des poulets et vivent dans les régions touchées.»

Mercredi, la Thaïlande – premier exportateur de poulet d'Asie – avait annoncé qu'elle allait continuer d'abattre des poulets dans les provinces sensibles afin d'éradiquer «le choléra et la bronchite».

Au moment où le sénateur thaïlandais annonçait un premier cas de grippe du poulet chez l'homme en Thaïlande, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lançait une mise en garde contre un risque accru de transmission de la maladie à l'homme avec une mutation du virus.

L'OMS a aussi averti que le virus menaçait de s'étendre davantage en Asie.

Dépêche de l'AFP du jeudi 22 janvier 2004, 15h26 - Yahoo ! France - Actualités -

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Le dossier de Yahoo Actualité

Le dossier du Ministère de la Santé française avec les recommandations en cas de contamination

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