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Mise à jour : 15/04/2005
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Poisson et désastres : pollution, réchauffement et surpêche

Beaucoup se tournent vers le poisson en désespoir de cause pour éviter la viande et ses dérivés. Hélas, le tableau n'est pas vraiment plus beau. Il y a plusieurs aspects au problème : l'alimentation des poissons et la pollution de leur milieu, mais aussi les conséquences du réchauffement et de la surpêche.

Voici quelques éléments qui doivent vous porter à la prudence et à la réflexion.


Réchauffement et surpêche. Conséquences

Le poisson, une richesse pas toujours renouvelable à protéger d'urgence (15 avril 2005)

PARIS (AFP) - Au large du Canada, les bancs de morue ne se renouvellent pas, près de la Namibie, la sardine a disparu pour toujours, au Sénégal, le mérou s'éteint... Plusieurs facteurs dépeuplent les océans, comme une surpêche ou le réchauffement planétaire, préviennent des spécialistes.

"Dans les océans, dès que l'on touche à une composante" les écosystèmes sont perturbés, parfois à jamais, a souligné Philippe Cury, chercheur de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) qui participait les 14 et 15 avril à la réunion d'un organisme pour l'étude des milieux marins, Eur-Océans.

L'activité humaine - pêche, exploitation minière océanique, gaz à effet de serre... - transforme la biodiversité dans les océans, provoquant de temps à autre "un effondrement brutal" de populations, a noté M. Cury, directeur de la station de Sète (Hérault) de l'IRD.

Du fait du réchauffement des eaux de l'Atlantique Nord à partir des années 1960, a par exemple expliqué Grégory Beaugrand, chercheur au CNRS, des espèces de plancton subtropicales vivant à la hauteur du Golfe de Gascogne ont migré vers le Nord, jusqu'à la Norvège. Au même moment on détectait une nette diminution des espèces des eaux très froides.

La pêche reste toutefois le plus grand facteur de désertification des océans en raison d'une méconnaissance du milieu marin et d'une surexploitation.

Il y a une dizaine d'années, les stocks de morue de la plupart des zones de pêche au large du Canada ont brutalement baissé. L'exploitation a alors été interdite pour permettre une reconstitution des stocks... qui ne s'est pas produite. Ce poisson a également quasiment disparu de la mer du Nord et de la mer Baltique

Au large de la Namibie, a noté M. Cury, "sardines et anchois ont disparu de l'écosystème depuis 20 ans. On disait : +ils reviendront+. Ils ne sont pas revenus...". Quant aux merlus, également victimes de surpêche dans cette zone, ils y survivent difficilement.

En fait, lorsqu'une espèce disparaît d'un site "l'écosystème se restructure, fonctionne de manière différente", a expliqué à l'AFP M. Cury. Désormais, cette zone proche de la Namibie est le domaine des petits "gobies, des méduses, de la vase, des sédiments", qui ne sont plus recyclés comme avant.

Conséquences pour l'écosystème en général : les phoques, comme les oiseaux, trouvent de plus en plus difficilement à se nourrir. Ils n'ont plus que les jeunes merlus, ce qui limite la population de ces poissons, anciens prédateurs devenus victimes car ils meurent avant d'atteindre leur taille adulte.

A 500 km de là, au large de l'Afrique du Sud, la biodiversité a au contraire été parfaitement préservée grâce à une "vraie gestion de pêche", a remarqué M. Cury. Ce pays se limite à prélever 25% de la biomasse alors qu'en Namibie les prises sont allées jusqu'à 50%, "ce qui a destructuré un tas de dynamiques".

"Il faut apprendre à gérer (la pêche) tant qu'il y a des ressources", en "exploitant modérément mais durablement", estime le chercheur de l'IRD en soulignant qu'il y a "urgence" : malgré une pêche à "l'efficacité redoutable", les captures mondiales de poissons consommables ont baissé depuis 1987 de quelque 85 à 78 millions de tonnes.

Une prise de conscience semble se produire, a estimé M. Cury, "le public ne veut plus qu'on fasse n'importe quoi". Déjà, aux Etats-Unis les instituts de pêche doivent restaurer les ressources dans les sites qu'ils ont exploités et des régulations globales très fortes sont en préparation, a-t-il noté.

Source : AFP - Yahoo ! France - Actualités - vendredi 15 avril 2005, 12h39


La contamination au mercure

La contamination au mercure est tout à fait d'actualité en ce mois de mars 2004 puisque c'était l'objet d'une rencontre

Contamination aux USA (rivières, lacs et côtes).

En 2003, 60% des lacs étaient contaminés, un peu moins pour les rivières et les nappes phréatiques, la pollution la plus forte se trouvant aux états frontaliers avec le Canada. A noter qu'ils écrivent "possible" pour dire que le poisson est peut-être contaminé. La contamination de l'eau, elle, ne fait aucun doute !

Le poisson qui, comme on le sait, possède un radar détecteur de métaux, évite soigneusement les atomes de mercure qu'il rencontre...

Mangez du poisson, nous conseille-t-on,...
..mais pas trop !

En fait, nous avons le choix entre le poisson d'élevage nourri aux farines animales ou le poisson sauvage contaminé au mercure (+ un peu de plomb, etc.)

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Source : dépêche d'AP
Yahoo News du 16 mars 2005

Plus sérieusement, on est en droit de se poser quelques questions : D'où viennent les poissons de nos étals ? Pourquoi les origines des poissons sont-elles si rares sur les étiquettes ? Où est puisée l'eau qui arrose nos légumes ?


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La situation au Canada

On sait que les USA et le Canada partagent certaines nappes phréatiques. Je vous encourage à étudier les cartes de l'atlas du Canada pour y trouver quelques réponses.

En 2001 déjà, c'est le Québec qui enregistrait la plus forte hausse de pollution au mercure (attribuable à la société Stablex de Blainville, dont les rejets dans ses cellules d'enfouissement étaient passés de 5000 kg en l'an 2000 à 12 000 kg en l'an 2001) mais depuis, la situation ne s'est pas arrangée dans la province. Il vient de paraître un article sur la situation en Mauricie et en Nouvelle-Ecosse, carrément catastrophique. Le pire est que ces deux régions ne sont pas responsables de la situation n'ayant aucune source de pollution de ce type. La pollution est attribuée à la pluie et au ruissellement.

Pour en savoir plus, lire :

Origines du mercure dans l'eau

Elles sont assez surprenantes pour celui qui ne s'est jamais posé la question. On trouve principalement : les activités agricoles (fongicides et bactéricides), la santé (désinfectants, thermomètres, plombages), l'industrie chimique (fabrication du chlore et de la soude) et la combustion (centrales thermiques au charbon, usines de traitement des déchets).
Parmi les objets usuels, les lampes fluorescentes contiennent 10 à 15 mg de mercure par lampe et ne se prêtent donc pas à une élimination avec les ordures ménagères. Même chose pour les voitures qui contiennent des commutateurs au mercure (1 gramme chacun soit trois fois la quantité d'un thermomètre, suffisant pour contaminé un petit lac. Japonais et européens ont interdit ces commutateurs mais toujours pas les américains. En Amérique du Nord 12 à 14 millions de voitures vont à la "casse" chaque année soit plus de 10 tonnes de mercure qui finissent dans la nature, dans l'air ou dans l'eau !

Nous pouvons agir sur quasiment toutes ces sources de contamination mais à l'échelle du simple citoyen il faut penser alternatives et recyclage.

Il existe une autre activité à l'origine de la pollution au mercure : l'orpaillage (le mercure est utilisé pour le traitement du minerai. La propriété qu'il a d'amalgamer l'or sert à dégager l'or fin de la boue). Lire à ce propos la dépêche du 14/03/2005 d'Actua-Environnement "Excès de mercure en Guyane française". Le problème n'est hélas pas nouveau, écrit en 2001 "Orpaillage en Guyane, pollution au mercure et intoxication des Amérindiens" vous donnera plus de détails. Pour plus d'explications techniques lire "Conséquences de l'orpaillage sur l'environnement"

Aux USA, le mercure responsable des troubles chez l'enfant provient principalement des centrales thermiques au charbon. Malgré ce constat accablant, le gouvernement américain s'apprête à assouplir la réglementation sur la pollution au mercure, ce qui inquiète les médecins et la population.

Les risques sur la santé

Selon sa forme, le mercure peut avoir des effets dévastateurs. L'exposition chronique à ce composé peut endommager le cerveau et le système nerveux central, causant des dommages neurologiques irréversibles : baisse du quotient intellectuel (Q.I.), problèmes comportementaux, pertes de motricité, pertes de mémoire, ainsi que des pertes auditives ou une perte de la vision.

Chez les femmes enceintes, le méthylmercure peut s'accumuler dans le cerveau du foetus et causer des dommages cérébraux.

Aux USA, selon une étude du Mount Sinai Center for Children's Health and the Environment publiée le 28 février dernier, on estime que la perte de Q.I. touche 10 à 15% des 4 millions d'enfants nés chaque année.

Plus de détails à ces adresses : Mercure et santé humaine et Le mercure affecte une grande proportion d'enfants aux État-Unis
Voir aussi le reportage de Découverte (Radio Canada) sur ce sujet.

Réunion du conseil d'administration du PNUE sur le problème mondial du mercure

Signe que le problème est aigu, le PNUE s'est penché tout récemment (le 25 février 2005) sur le problème de la pollution au mercure.


En savoir plus ?


Des traces d'antidépresseurs chez les poissons (22 mars 2004)

Des traces d'antidépresseurs ont été retrouvées dans les poissons des rivières du Texas, par des chercheurs de l'université Baylor (Etats-Unis). Des résidus de Prozac et de Zoloft, des médicaments antidépresseurs, ont été repérés dans le foie, les muscles et le cerveau de poissons prélevés en aval d'une usine d'épuration des eaux.

Cette découverte soulève l'épineux problème de la pollution chimique ; la notice de ces médicaments indique que la fluoxétine est « hautement toxique pour les invertébrés et les algues vertes », et qu'elle peut être considérée « persistante dans l'environnement en raison de la lenteur de sa biodégradation et de son hydrolyse ».

En Europe, outre les antidépresseurs, des chercheurs ont retrouvé dans les poissons des traces de substances contraceptives, antibiotiques et antiépileptiques !

Pour en savoir plus sur le sujet, suivez ce lien


Le saumon sauvage à la dioxine (1er avril 2004)

Saumon d'avril. Ce n'est pas un poisson d'avril. Copenhague interdit la pêche au saumon en mer Baltique à cause des dioxines. Les analyses effectuées par la direction danoise de la pêche, sur 30 saumons pêchés dans la Baltique ont révélé des taux de dioxines dépassant de 5% à 85% les valeurs limites autorisées. «La pollution par la dioxine est un problème européen commun, et nous allons informer la Commission (de Bruxelles) et les autres Etats membres des résultats de nos analyses afin d'assurer une prise de position commune pour gérer ce type de pollution», annonce la ministre danoise de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, Mariann Fischer Boel. Un récent reportage diffusé par Thalassa rappelait la menace de la dioxine en mer Baltique.

Source : AFP - Agrobiosciences 1er Avril 2004


Le saumon d'élevage concentre plus les polluants que le saumon sauvage (9 janvier 2004)

PARIS (AFP) - Le taux de polluants cancérigènes serait sensiblement supérieur dans le saumon d'élevage que dans le saumon sauvage, selon une étude américano-canadienne publiée vendredi dans le journal américain Science, qui recommande de «réduire significativement» la consommation de ce poisson.

Cette étude a suscité de vives réactions aussi bien de la part des pays producteurs que des pays consommateurs qui ont minimisé les risques de cancer.

«Il n'y a rien de nouveau dans cette étude. Elle montre des résultats que nous avons déjà vus. (...) Et nous ne voyons aucune raison de mettre les consommateurs en garde», a indiqué à l'AFP Per Ola Darnerud, toxicologue de l'Autorité suédoise de l'alimentation (Livsmedelsverket).

«Toute nourriture est dangereuse si on la consomme en de trop grandes quantités. Dans le cas présent, notre problème, c'est que les gens ne mangent pas assez de poisson, y compris du saumon, et non pas l'inverse», a déclaré Oyvind Lie, directeur de l'Institut norvégien de recherche sur l'alimentation à base de produits marins (NIFES).

L'agence britannique de sécurité alimentaire (Food Safety Agency/FSA) s'est également élevée contre ces conclusions, affirmant que le saumon d'élevage écossais ne présente aucun danger à la consommation.

«L'étude (...) apparaît délibérément trompeuse dans ses conseils de consommation des saumons d'élevage», a estimé Scottish Quality Salmon (SQS), l'organisme de contrôle de la qualité du saumon écossais.

Elle «omet» (d'évoquer) tous les bénéfices de la consommation régulière de saumon d'élevage, reconnus par plus de 5 000 études scientifiques", a indiqué le SQS dans un communiqué.

Les 200 analyses réalisées en France au cours des deux dernières années par des laboratoires officiels ou accrédités démontrent que les produits proposés aux consommateurs français «ont des teneurs en dioxines et en PCB largement inférieures aux normes établies par les autorités sanitaires européennes», a précisé la filière française Poissons et Coquillages.

Selon le communiqué de la State University de New York, à Albany, qui a coordonné ce travail, «dans la plupart des cas, consommer plus d'un repas mensuel à base de saumon d'élevage - soit un peu plus de 200 grammes de poisson - représente des risques cancérogènes inacceptables».

Le saumon sauvage pourrait, lui, être consommé huit fois plus fréquemment, indique cette étude, «de loin la plus représentative et la plus complète réalisée à ce jour», selon ses auteurs.

Plus de la moitié de la consommation mondiale totale de saumon provient de l'élevage, et principalement de fermes installées près des côtes d'Europe du Nord, du Chili, du Canada et des Etats-Unis.

La France est actuellement le premier pays consommateur de saumon en Europe et le deuxième dans le monde après le Japon.

Les auteurs de l'étude, sept scientifiques américains et canadiens spécialisés dans les domaines de la toxicologie, de la biologie et de la statistique, ont analysé les filets de 700 saumons d'élevage et sauvages produits dans huit des plus grandes régions productrices de saumons d'élevage, et achetés dans les commerces de plusieurs villes d'Europe et d'Amérique du Nord.

Les échantillons analysés ont montré que le saumon d'élevage provenant d'Europe est, de façon générale, plus contaminé que celui d'Amérique du Nord ou du Sud. Les saumons d'élevage achetés dans des commerces de Francfort, d'Edimbourg, de Paris, de Londres et d'Oslo comportent ainsi le taux de polluants le plus élevé.

«Même le saumon d'élevage en provenance du Chili ou de l'état de Washington, pourtant parmi les moins contaminés, présente un taux en PCBs, de dioxines et de dieldrine supérieur à celui du saumon sauvage», affirment les chercheurs.

Selon eux, le saumon d'élevage serait contaminé par une alimentation très grasse, à base de farine et d'huile de poisson, et il stockerait les polluants dans son tissu adipeux. Au contraire, les saumons sauvages se nourrissent d'organismes aquatiques tels que le krill ou d'autres poissons.

Les auteurs de l'étude recommandent aux consommateurs de freiner leur consommation, et ils prônent la mise en place d'un étiquetage «clair et reconnu», faisant la distinction entre saumon d'élevage et sauvage et indiquant le pays d'origine du poisson élevé.

Selon l'université de New York, la production totale annuelle de saumon d'élevage a été multipliée par 40 au cours des vingt dernières années et le consommateur a aujourd'hui accès à un saumon peu coûteux toute l'année.

Selon les données fournies par les auteurs, entre 1987 et 1999, la consommation de saumon a enregistré une hausse de 14% au sein de l'Union Européenne et de 23% aux Etats-Unis en rythme annuel. Elle a, en outre, doublé au Japon entre 1992 et 2002.

Source : AFP - Yahoo ! France - Actualités - vendredi 9 janvier 2004, 17h04

Alternatives et solutions

Tout comme la viande, pour éviter le problème, il n'y a que deux solutions : ne plus manger de poissons (le problème est pire avec les crustacés qui sont de véritables filtres à stocker les polluants et les métaux lourda) ou acheter du poisson biologique. S'il est plus difficile à trouver que la viande bio, il coûte aussi un peu plus cher.

Voici donc l'occasion d'en manger moins et de découvrir les délices des menus végétariens. La peur du manque de protéines alimentée par la publicité et la mauvaise information nous pousse à l'excès. Sous nos latitudes, nous mangeons entre trois et sept fois trop de protéines et de calories en plus de mauvaises qualité. C'est cet excès qui est à l'origine de la plupart de nos maladies, notamment les cancers.

D'une manière générale, évitez de prendre des produits transformés. Les plats tout prêts, en sauce, avec chapelure permettent de masquer des produits de mauvaise qualité. De plus, l'étiquetage et l'origine des produits sont nettement plus flous, voire inexistantes. Retrouvez ou apprenez le plaisir de cuisiner.

Encouragez le moins possible les industries et les entreprises qui nous empoisonnent. Achetez des produits de qualité chez des producteurs responsables.

Ne jetez pas vos produits polluants dans vos poubelles. Les piles, les thermomètres, les peintures, les vernis, etc. doivent être recyclés. S'il finissent dans une usine d'incinération ou site d'enfouissement, ils aboutiront immanquablement un jour dans votre assiette ou vos poumons.

Utilisez des "accus" (piles rechargeables) qui vont remplacer des centaines de piles. Même si la plupart de celles qui sont vendues aujourd'hui ne contiennent plus de mercure, elles restent encore dangereuses pour l'environnement et pour notre santé. Les accus sont une excellente option. Il suffit de se procurer un chargeur solaire et vos batteries ne vous coûteront plus un sou.

Le recyclage est plus développé en Europe qu'en Amérique du Nord ; cependant, pour qui veut, les solutions existent. Au Québec, les bacs bleus se généralisent et les écocentres se multiplient. Il y a donc sûrement une solution pas très loin de chez vous. Du mercure et de nombreux produits toxiques se cachent dans vos poubelles. Pour vous, pour nous, pour nos enfants, ne prenons pas de risques !

Au Québec, pour toute information adressez-vous à l'Eco-centre le plus près de chez vous.

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